Lexique · Souveraineté numérique
CSAM
Child Sexual Abuse Material : images, vidéos ou autres contenus représentant des abus sexuels sur des mineurs, expression que les institutions et les organisations de protection de l'enfance préfèrent à « pédopornographie ». Leur détection repose sur la comparaison d'empreintes pour les contenus connus et sur des classifieurs pour les nouveaux.
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Notions liées
Sources · 4
- [1] Terminology Guidelines for the Protection of Children from Sexual Exploitation and Sexual Abuse (Interagency Working Group, ECPAT International, 2016)
- [2] EDPB-EDPS Joint Opinion 04/2022 on the Proposal for a Regulation laying down rules to prevent and combat child sexual abuse (Comité européen de la protection des données)
- [3] CyberTipline Data (National Center for Missing & Exploited Children)
- [4] Child sexual abuse online: current rules extended until April 2026 (Parlement européen)
Ce que ça change pour une organisation
Pour un hébergeur ou une messagerie, la détection de CSAM repose sur deux familles de technologies que l’avis conjoint du Comité européen de la protection des données et du Contrôleur européen distingue. Pour les contenus déjà connus, des technologies d’appariement comparent des empreintes (hash) d’images à une base de référence, avec un taux de faux positifs estimé à au plus 1 sur 50 milliards. Pour les contenus nouveaux, on recourt à des classifieurs et à l’intelligence artificielle, dont les taux d’erreur sont nettement plus élevés : l’étude d’impact de la Commission, citée dans l’avis, mentionne par exemple une précision de 99,9 % obtenue au prix d’une identification de 80 % seulement des contenus du jeu de données.
Le cadre juridique détermine si une organisation peut ou doit y recourir : la dérogation ePrivacy l’autorise sur la base du volontariat, tandis que le projet de règlement CSAR pourrait l’imposer. Pour une organisation qui se contente d’utiliser ces services, la question porte surtout sur la confidentialité des échanges et sur les canaux choisis pour les communications sensibles.
Exemple
Les données du NCMEC, l’organisation américaine qui reçoit les signalements, donnent un ordre de grandeur. En 2025, son CyberTipline a reçu 21,3 millions de signalements portant sur 61,8 millions d’images, de vidéos et d’autres fichiers, et le NCMEC indique que le CSAM est la première catégorie de signalements. Ces chiffres comptent des signalements et des fichiers, et non des victimes ou des auteurs distincts.
À ne pas confondre avec
- « Pédopornographie » : expression que les lignes directrices terminologiques déconseillent, car elle risque de suggérer que les actes sont accomplis avec le consentement de l’enfant, alors qu’il s’agit d’abus.
- Le CSAR : le texte juridique en négociation qui encadrerait la détection de ces contenus, alors que le CSAM désigne les contenus eux-mêmes.
- Le grooming : sollicitation d’enfants à des fins sexuelles, autre cible des mesures de détection, qui concerne des conversations et non des fichiers.