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Fiche · Autre

Solutions30 : 10 376 950 lignes revendiquées et mises en vente, avec des noms de grands groupes cités, sans confirmation du prestataire

Le 12 octobre 2026, un pirate met en vente une base de 10 376 950 lignes attribuée à Solutions30, prestataire de grands groupes. L'entreprise n'a rien confirmé.

Gravité élevée alléguée
Révélée
Révision
Originale
Sources
5
Volume
Non chiffré
Données
9 catégories
Pays
Plusieurs
Organisation
Solutions30 (Solutions 30 SE, société cotée à Euronext Paris, prestataire européen d'interventions techniques pour les télécoms, l'énergie et l'informatique, siège à Bertrange, Luxembourg)
Pays
France (personnes principalement concernées selon l'échantillon) ; Luxembourg (siège du prestataire)
Chronologie
Date d'extraction inconnue : selon FrenchBreaches (« selon nos informations », seule source sur ce point), le pirate affirmerait avoir exploité une faille de type IDOR pendant un à deux jours de travail continu et avoir été détecté le 12 octobre 2026, ce que Cyberattaque.org, dont l'article précède cette mise à jour, ne mentionne pas (il écrit que l'annonce n'indique aucune méthode). Base de 34 Go mise en vente le 12 octobre 2026 sur un forum cybercriminel par l'acteur Syrv4x, relayée le soir même par Cyberattaque.org (21 h 50) et FrenchBreaches (22 h 15, encadré de mise à jour à 22 h 20), puis par Fuites Infos le 13 octobre à 0 h 07. Au 14 octobre 2026, aucune confirmation de Solutions30 (page de ses communiqués consultée ce jour, dernier texte du 17 septembre 2026), aucune réaction d'une entreprise citée et aucune notification à la CNIL ou aux personnes n'ont été relevées dans les sources consultées. Ancienneté des données non établie (l'échantillon de 1 500 lignes examiné par Cyberattaque.org, seule source sur ce point, contient des dates d'abonnement de 2008 à 2014)
Ampleur
Aucun nombre de personnes n'est établi : Solutions30 n'a rien communiqué et aucun média n'a dédoublonné la base. Le volume revendiqué est de 10 376 950 lignes (arrondi à 10,3 ou 10,4 millions selon les médias), c'est-à-dire des enregistrements et non des victimes, une même personne pouvant y figurer plusieurs fois (contrats, interventions, abonnements). Les comptages attribués au pirate, non vérifiés, avancent 3 924 432 noms uniques, 6 826 526 numéros de téléphone uniques et 981 883 adresses électroniques uniques ; le nombre de noms uniques ne se confond pas avec un nombre de personnes (homonymes, contacts d'entreprise, variantes d'écriture), et le « 3,9 M victimes » affiché par FrenchBreaches n'est pas défini sur sa page
Vecteur
Non établi. Selon FrenchBreaches (« selon nos informations », mise à jour de 22 h 20, seule source sur ce point), le pirate affirmerait avoir exploité une faille de type IDOR (référence directe d'objet non sécurisée, qui permet de lire des fiches en changeant un identifiant), en un à deux jours de travail continu, et avoir été détecté le 12 octobre. Cyberattaque.org, dont l'article a été publié à 21 h 50, avant cette mise à jour, écrit pour sa part que l'annonce n'indique aucune méthode et que l'origine (intrusion récente, ancien serveur, application métier, sauvegarde) reste inconnue. La déclaration sur l'IDOR vient du pirate, elle n'est confirmée par aucune source indépendante ni par Solutions30, et ni la provenance exacte (système de Solutions30, outil d'un donneur d'ordre, ancienne application PC30, sauvegarde) ni l'authenticité de l'ensemble du fichier ne sont établies. Le pseudonyme Syrv4x figure aussi dans les fiches SFR, Cnam, Région Centre-Val de Loire et SDIS 66 du registre, sans lien technique établi entre ces incidents
Données exposées
  • Noms et prénoms
  • Adresses postales, villes, codes postaux et pays
  • Numéros de téléphone fixes et mobiles (6 826 526 numéros uniques revendiqués)
  • Adresses électroniques (981 883 uniques revendiquées ; 277 adresses principales sur 1 500 lignes dans l'échantillon examiné par Cyberattaque.org, seule source sur ce point)
  • Références clients et identifiants internes ; Fuites Infos mentionne aussi des identifiants de connexion, sans en préciser la nature (Cyberattaque.org évoque des identifiants associés à d'anciens services ADSL ou téléphoniques)
  • Données d'intervention : remarques en champs libres (544 fiches sur 1 500 dans l'échantillon, selon Cyberattaque.org), références de partenaires, horaires de sites
  • Données professionnelles : informations d'entreprise, ainsi que des champs prévus pour le SIRET, la profession, le nom et la fonction d'un contact (structure décrite par Cyberattaque.org, remplissage non établi)
  • Sur d'anciennes fiches : services ADSL ou VoIP, type d'offre, ancien fournisseur d'accès, dates de souscription (de 2008 à 2014 selon Cyberattaque.org seul)
  • Pas de mot de passe, de numéro de carte bancaire ni d'IBAN dans l'échantillon examiné par Cyberattaque.org et Fuites Infos (le reste de la base n'a pas été examiné)

Sources · 5

  1. [1] Solutions30 : 10,3 millions de lignes mises en vente, les clients de grands groupes exposés (Cyberattaque.org)
  2. [2] Solutions30 : fuite de données revendiquée portant sur 10,4 millions de lignes (Fuites Infos)
  3. [3] Solutions30 : un pirate revendique le vol de 10,3 millions de fiches contenant des données personnelles (FrenchBreaches)
  4. [4] Fibre Internet, compteurs Linky : un géant français visé par une fuite massive de données (FrenchBreaches)
  5. [5] Communiqués de presse du groupe (Solutions30)

Le 12 octobre 2026, un acteur se présentant sous le pseudonyme Syrv4x a mis en vente sur un forum cybercriminel une base de 34 Go et de 10 376 950 lignes attribuée à Solutions30, prestataire européen d’interventions techniques (télécoms, énergie, informatique) coté à Euronext Paris et dont le siège est au Luxembourg. L’annonce a été relayée le soir même par Cyberattaque.org et FrenchBreaches, qui la qualifie de revendication « crédible », puis par Fuites Infos le 13 octobre à 0 h 07, mais ces trois sources reposent sur le message de vente et sur un échantillon, sans qu’aucune dispose d’une confirmation de l’entreprise, et aucun prix n’a été relevé. Le chiffre exact de 10 376 950 lignes figure chez Cyberattaque.org et chez FrenchBreaches, Fuites Infos se limitant à l’arrondi de 10,4 millions. Le même pseudonyme figure déjà au registre pour SFR, le Cnam, la Région Centre-Val de Loire et le SDIS 66, sans que les sources consultées établissent un lien technique entre ces incidents. Au 14 octobre 2026, ni Solutions30 ni aucune entreprise citée n’a reconnu l’incident dans les sources consultées, ce qui justifie le statut « alléguée ».

Le chiffre de plus de 10 millions désigne des lignes, c’est-à-dire des enregistrements, et non des victimes. Selon les comptages attribués au pirate (non vérifiés, et que FrenchBreaches précise ne pas avoir dédoublonnés, Cyberattaque.org ne disposant pas des 34 Go pour les recompter), la base compterait 10 362 136 identifiants uniques, soit presque un par ligne, mais seulement 3 924 432 noms uniques, 6 826 526 numéros de téléphone uniques et 981 883 adresses électroniques uniques, ce qui indique qu’une même personne peut apparaître dans plusieurs fiches (contrats, interventions, abonnements). Les noms uniques ne se confondent pas pour autant avec des personnes, puisqu’ils englobent des homonymes, des contacts d’entreprise et des variantes d’écriture : c’est pourquoi aucun nombre de personnes n’est retenu ici, le « 3,9 M victimes » affiché par FrenchBreaches n’étant pas défini sur sa page. Si Fuites Infos souligne que l’ancienneté des données n’est pas établie, l’échantillon de 1 500 lignes analysé par Cyberattaque.org, seule source sur ce point, contient des dates d’abonnement de 2008 à 2014 et des champs qui portent encore l’ancien nom de l’entreprise, PC30, ce qui indique selon ce média qu’au moins une partie du fichier est historique, FrenchBreaches relevant de son côté la présence de dates d’abonnement anciennes dans l’échantillon du vendeur.

Le modèle de Solutions30 repose sur la sous-traitance en cascade, de sorte que les personnes concernées ne seraient pas forcément des clientes directes de Solutions30 mais des particuliers et des entreprises ayant reçu un technicien ou sollicité une assistance pour le compte d’un opérateur, d’un fournisseur d’énergie ou d’un groupe du numérique, comme le souligne Fuites Infos, qui ne nomme aucun client. Les noms d’entreprises circulent uniquement à partir de la revendication, c’est-à-dire de l’échantillon et de la liste fournis par l’attaquant, et seuls cinq d’entre eux sont cités par deux médias distincts : BNP (BNP Paribas pour Cyberattaque.org), Renault, Carrefour, Fnac et Thales. Cyberattaque.org les relève dans l’échantillon de 1 500 lignes, avec 221 enregistrements mentionnant BNP Paribas (chiffre qui ne repose que sur cet article), tandis que FrenchBreaches les lit dans la liste de 167 intitulés d’entreprises, de projets ou de catégories d’intervention publiée par le pirate (Cyberattaque.org parle de « plus de 160 »). Les autres noms avancés n’apparaissent que dans une seule source et ne sont pas repris ici, faute de recoupement. Les deux médias rappellent que la présence d’un nom ne signifie pas que les systèmes de l’entreprise ont été piratés, puisqu’il peut s’agir d’un client, d’un partenaire, d’un contrat ou d’un simple libellé interne, et aucune de ces cinq entreprises n’a, selon les sources consultées, communiqué sur l’affaire ni notifié ses clients.

Les champs observés dans l’échantillon comprennent le nom et le prénom, l’adresse postale, des numéros de téléphone (840 numéros de téléphone et 468 numéros de mobile sur les 1 500 lignes), l’adresse électronique plus rarement (277 adresses principales sur 1 500), des références clients et identifiants internes, ainsi que des remarques libres liées aux interventions (544 fiches), ces comptages ne reposant que sur Cyberattaque.org ; la structure de la base prévoit en outre des champs pour le SIRET, la profession, le nom et la fonction d’un contact d’entreprise, sans que leur remplissage soit établi, et les anciennes fiches mentionnent des services ADSL ou VoIP, le type d’offre et l’ancien fournisseur. Fuites Infos évoque aussi des identifiants de connexion sans en préciser la nature, tandis que Cyberattaque.org et Fuites Infos n’ont observé ni mot de passe, ni carte bancaire, ni IBAN dans l’échantillon, ce qui ne renseigne pas sur le reste de la base. Le risque principal est l’ingénierie sociale : un fraudeur qui connaît le nom, l’adresse, le téléphone et le contexte d’une intervention peut se faire passer pour un technicien ou un conseiller, avec des fraudes sur les box, la fibre, les compteurs ou les terminaux de paiement évoquées par Cyberattaque.org, et les fonctions et références professionnelles facilitent l’hameçonnage ciblé de salariés ou de prestataires. Selon les comptages revendiqués, les numéros de téléphone uniques (6 826 526) sont près de sept fois plus nombreux que les adresses électroniques uniques (981 883), ce qui laisse plutôt craindre des appels et des SMS frauduleux que des courriels, sous réserve de la fiabilité de ces chiffres.

Solutions30, société cotée à Euronext Paris, n’a publié aucune communication confirmant ou démentant la revendication selon les trois sources, et la page des communiqués de son site, consultée le 14 octobre 2026, ne présentait aucun texte sur le sujet (le plus récent, du 17 septembre 2026, portait sur les résultats semestriels) : on ignore donc si l’entreprise a ouvert une enquête, alerté ses donneurs d’ordre ou informé la CNIL, ou son homologue luxembourgeoise, la CNPD. Si la base se révélait authentique, Solutions30 agirait le plus souvent en sous-traitant, tenu d’alerter ses donneurs d’ordre dans les meilleurs délais, tandis que ceux-ci, responsables de traitement, devraient notifier la violation à la CNIL sous 72 heures après en avoir pris connaissance et informer les personnes en cas de risque élevé, le partage exact des rôles dépendant de chaque contrat. En attendant, les particuliers ayant reçu un technicien ou fait appel à une assistance technique ont intérêt à se méfier de tout appel, SMS ou courriel citant une intervention récente, à ne jamais communiquer de code reçu par SMS, de mot de passe ou de coordonnées bancaires, à vérifier un rendez-vous technique depuis leur espace client ou le numéro officiel de l’opérateur, et à exiger une pièce justificative de tout technicien qui se présente sans rendez-vous annoncé ; les messages suspects peuvent être signalés à Signal Spam pour les courriels et au 33700 pour les SMS et les appels, et les victimes de fraude peuvent se faire accompagner gratuitement par cybermalveillance.gouv.fr.

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