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Fiche · Autre

Rassemblement national : un fichier de 150 000 lignes présenté comme la base des adhérents, revendiqué par shin0bi et non authentifié

Révélé le 31 octobre 2026, un pirate publie 150 000 lignes présentées comme le fichier des adhérents du RN ; le parti n'a pas réagi et l'authenticité reste à établir.

Gravité élevée alléguée
Révélée
Révision
Originale
Sources
5
Volume
Non chiffré
Données
8 catégories
Pays
France
Organisation
Rassemblement national (parti politique, Paris)
Chronologie
Dans la nuit du 30 au 31 octobre 2026 (1 h 41 selon Cyberattaque.org), le pseudonyme shin0bi publie sur un forum cybercriminel une archive intitulée « rassemblementnational_fr_PF.7z », présentée comme un extrait de 150 000 lignes d'une base de 432 597 enregistrements. La revendication est relevée le 31 octobre par Cyberattaque.org (7 h 18) et Fuites Infos. Fuites Infos relève des dates de dernière cotisation allant jusqu'au 9 octobre 2026, sans que la date d'extraction soit établie. Au 31 octobre 2026, aucune déclaration du RN n'a été trouvée, et aucune information postérieure n'a été relevée au 4 novembre. Un épisode distinct, le piratage du site du parti revendiqué par « 84City » le 20 juillet 2026 et constaté le 21 juillet, a donné lieu à une enquête du parquet de Paris
Ampleur
Aucun nombre de personnes n'est retenu. Le pirate annonce 432 597 enregistrements au total et en diffuse 150 000 lignes. Cyberattaque.org compte 28 420 doublons exacts (121 580 lignes distinctes) et Fuites Infos estime à environ 121 300 le nombre de personnes distinctes, mais ces décomptes portent sur le contenu du fichier, dont l'exactitude n'est pas établie, et le parti n'a communiqué aucun chiffre
Vecteur
Non établi. Le pirate n'a présenté aucune méthode d'intrusion vérifiable et Cyberattaque.org ne relève aucun élément technique démontrant une intrusion dans les systèmes du parti ; Fuites Infos indique que le système d'origine, la date d'extraction et le mode d'obtention ne sont pas établis. Le fichier pourrait être une base composite ou reconstituée à partir de plusieurs sources, hypothèse non démontrée. Il est présenté par Fuites Infos comme différent de la base visée en juillet 2026, et aucune source consultée n'établit de lien avec cet épisode ni avec une campagne connue (Metabase CVE-2026-72898, Shipup, Brevo, Alaxione, prestataire mutualisé)
Données exposées
  • Civilité, nom et prénom
  • Identifiant ou code d'adhérent
  • Adresse postale, commune, code postal, canton et circonscription (cohérence contestée par Cyberattaque.org)
  • Numéros de téléphone fixe et mobile
  • Adresse e-mail (pour environ trois personnes sur quatre selon Fuites Infos)
  • Date de naissance et profession
  • Catégorie tarifaire, montant et dates de cotisation
  • Ni mot de passe, ni coordonnées bancaires, ni numéro de sécurité sociale selon Fuites Infos

Sources · 5

  1. [1] Cyberattaque contre le Rassemblement national : 150 000 adhérents revendiqués (Cyberattaque.org)
  2. [2] Rassemblement National : fuite de données revendiquée visant ses adhérents (Fuites Infos)
  3. [3] Rassemblement national : le site web piraté, les données des adhérents ne seraient pas touchées (Clubic, juillet 2026)
  4. [4] Le RN dans le viseur des cybercriminels : une enquête ouverte après la revendication d'une exfiltration de données (Solutions Numériques, juillet 2026)
  5. [5] Le Rassemblement national confirme une intrusion sur son site (Next, juillet 2026)

Dans la nuit du 30 au 31 octobre 2026, un compte inscrit en mai 2026 sous le pseudonyme shin0bi a publié sur un forum cybercriminel une archive présentée comme la base des adhérents du Rassemblement national. Selon Cyberattaque.org, il s’agit d’un extrait de 150 000 lignes tiré d’une base annoncée à 432 597 enregistrements, et la revendication, mise en ligne à 1 h 41, a été relevée le 31 octobre par Cyberattaque.org puis par Fuites Infos. Ces deux observatoires sont les seules sources consultées sur cette revendication, et Fuites Infos précise qu’il attribue le fichier au RN d’après le message de mise en ligne, le nom de l’archive et la nature du contenu, sans pouvoir en authentifier l’origine. Le parti n’avait fait aucune déclaration publique sur cette mise en ligne au 31 octobre 2026, et aucune réaction postérieure n’a été trouvée au 4 novembre ; le statut retenu est donc « alléguée ». Cet épisode est distinct des revendications du 24 octobre visant Renaissance, la France insoumise et le PCF (fiches Renaissance, La France insoumise et Parti communiste français), dont l’auteur est un autre acteur, aucun lien entre ces affaires n’étant établi.

Les chiffres sont à manier avec prudence, car les deux analyses ne convergent pas tout à fait. Cyberattaque.org relève 28 420 lignes strictement identiques dans un fichier comptant exactement 150 000 lignes, ce qui ramène le volume à 121 580 lignes distinctes, tandis que Fuites Infos dénombre environ 121 300 personnes distinctes (entre 121 261 et 121 535 selon la méthode), dont 87 074 adresses e-mail différentes selon Fuites Infos. Le total de 432 597 enregistrements n’est pas vérifiable, l’extrait publié n’en représentant qu’une partie. Cyberattaque.org signale en outre des incohérences : une fiche d’une personne résidant dans le Rhône porte un canton de Toulouse, certaines fiches concatènent jusqu’à onze cantons, ce qui conduit Cyberattaque.org, seule source sur ce point, à évoquer un fichier partiellement reconstitué, hypothèse que rien ne permet de démontrer. Fuites Infos, seule source sur ces points, observe que 13 534 adhérents ont une dernière cotisation datée de 2026, jusqu’au 9 octobre, et que le fichier compte vingt et une rubriques constantes ; il s’agit donc d’une structure de gestion d’adhérents, sans qu’il soit possible de distinguer adhérents, anciens adhérents, donateurs ou contacts. Selon Cyberattaque.org, le compte de shin0bi, inscrit en mai 2026, n’avait aucune divulgation antérieure identifiée, et le pseudonyme rappelle celui du groupe de rançongiciel Sinobi sans qu’aucun lien soit établi.

Selon les deux observatoires, les fiches comprendraient l’état civil, un code d’adhérent, l’adresse postale, les numéros de téléphone fixe et mobile, l’adresse e-mail, la date de naissance, la profession, la circonscription et les montants et dates de cotisation, sans mot de passe, coordonnées bancaires ni numéro de sécurité sociale d’après Fuites Infos. L’appartenance à un parti politique relève des catégories particulières de données de l’article 9 du RGPD, ce qui expose les personnes réellement concernées à du harcèlement, à de l’hameçonnage ciblé (fausses relances de cotisation, faux appels aux dons) et à la divulgation d’un engagement qu’elles n’ont pas rendu public. Une personne figurant dans le fichier n’est pas nécessairement adhérente du RN, les erreurs relevées interdisant de la considérer comme telle ; la gravité est retenue à « élevée », et elle serait relevée à « critique » si le parti confirmait l’authenticité d’un fichier d’adhérents de cette ampleur.

Le Rassemblement national a connu en juillet 2026 un épisode distinct, sans lien établi avec cette publication. Le 20 juillet au soir, un compte « 84City » avait proposé sur un forum une base prétendument extraite du site, sans échantillon, et le 21 juillet la page d’accueil affichait son visuel, ce que le parti a confirmé à franceinfo selon Next. Clubic rapporte que Jean-Philippe Tanguy a déclaré que « les données des adhérents n’ont pas été exposées », tandis que BFM TV affirmait avoir consulté des documents montrant le contraire, ce que Clubic ne peut trancher. Le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité, selon Solutions Numériques, et le parti disait avoir déposé plainte. Fuites Infos présente le fichier du 31 octobre comme issu d’une autre source que celui visé en juillet, sans qu’aucun lien entre les deux épisodes soit établi.

Les personnes qui pensent figurer dans ce fichier peuvent se montrer vigilantes face aux messages leur demandant une cotisation, un don ou un code, en passant uniquement par les canaux officiels du parti et sans suivre de lien reçu par courriel ou SMS. Les courriels suspects peuvent être signalés à Signal Spam, les SMS et appels frauduleux au 33700, et cybermalveillance.gouv.fr propose une assistance en cas d’usurpation d’identité ou de harcèlement. Chaque personne peut en outre exercer auprès du parti son droit d’accès pour savoir si ses données figurent dans son fichier.

Autres fiches : Autre

Tout le registre
  1. Alliance Police Nationale Autre non chiffré confirmée
  2. La France insoumise Autre non chiffré alléguée
  3. Renaissance Autre non chiffré alléguée