Aller au contenu
Ostraca

Fiche · Autre

Renaissance (parti présidentiel) : 4,1 millions de lignes de porte-à-porte revendiquées, le parti dément toute intrusion

Révélée le 24 octobre 2026, la revendication de ChimeraZ vise 4,1 millions de lignes de porte-à-porte de Renaissance ; le parti dément toute intrusion.

Gravité élevée alléguée
Révélée
Révision
Originale
Sources
6
Volume
Non chiffré
Données
5 catégories
Pays
France
Organisation
Renaissance (parti politique, groupe présidentiel, Paris)
Chronologie
Le samedi 24 octobre 2026, le pseudonyme ChimeraZ publie la revendication, relevée le soir même par Cyberattaque.org (article mis à jour le 25 octobre) et par ZATAZ (mis à jour le 25 octobre). Les événements du fichier examiné par Cyberattaque.org sont datés pour la plupart de 2022 à novembre 2026, postérieur à la révélation, de sorte que la date de la collecte n'est pas établie. Le dimanche 25 octobre, Renaissance dément toute intrusion et toute divulgation de données personnelles, selon Capital et Next qui citent Le Parisien (article non consulté) ; le même démenti est rapporté par franceinfo auprès de l'Agence Radio France le lundi 26 octobre. Aucune plainte de Renaissance ni saisine de la CNIL n'a été relevée dans les sources consultées (état au 4 novembre 2026)
Ampleur
Aucun nombre de personnes n'est établi. ChimeraZ revendique 4 157 404 lignes de porte-à-porte (dont environ 373 906 adresses) et un compteur de 9 617 987 électeurs, mais ces volumes comptent des lignes et des totaux d'électeurs par adresse, sans désigner de personnes identifiées. Seuls 1 547 profils d'organisateurs et d'auteurs d'actions ont été examinés par Cyberattaque.org, qui précise que ce total ne correspond ni à autant de personnes distinctes ni à autant de salariés ou d'adhérents. Renaissance conteste la réalité d'une fuite de données personnelles
Vecteur
Non établi. Cyberattaque.org juge les fichiers cohérents avec les outils militants de Renaissance (références au domaine utilisateur.parti-renaissance.fr, 952 identifiants communs entre les profils et les organisateurs d'événements) sans que cela prouve une intrusion, et ne privilégie aucun scénario (extraction applicative, interface insuffisamment protégée, compte compromis). Renaissance affirme que ses vérifications ne montrent « aucune intrusion » dans ses systèmes ni dans sa base de données et que les informations sont publiques (Insee, plateforme militante) et auraient été collectées par extraction automatisée, explication que les sources consultées rapportent sans la vérifier. Aucune source consultée ne rattache cet incident à une campagne connue (Metabase CVE-2026-72898, Shipup, Brevo, Alaxione, prestataire mutualisé)
Données exposées
  • Adresses, communes, codes Insee, identifiants de carreau géographique et coordonnées GPS de bâtiments, avec un compteur d'électeurs par lieu (selon l'extrait examiné par Cyberattaque.org)
  • Suivi du porte-à-porte : identifiant de campagne, statut du bâtiment, date et auteur du dernier passage, nombre de portes visitées, de programmes distribués et de questionnaires (compteurs à zéro dans l'extrait examiné)
  • 10 365 événements militants (tractages, réunions, ateliers, porte-à-porte) de 2022 à novembre 2026, dont 3 475 marqués d'une visibilité autre que publique (« private », « adherent », « adherent_dues ») et 351 avec un lien de visioconférence
  • 1 547 profils d'organisateurs d'événements et d'auteurs d'actions : prénom, nom, fonction (pour 547 d'entre eux), structure locale, zone géographique et photo (pour 442 d'entre eux)
  • Pas de mots de passe ni de courriels personnels, et champs de téléphone non renseignés, dans les deux fichiers entièrement examinés par Cyberattaque.org (événements et profils) ; le fichier de porte-à-porte n'a pas été examiné en entier

Sources · 6

  1. [1] Cyberattaque contre Renaissance : 4,1 millions de lignes revendiquées et des données sur l'organisation du parti exposées (Cyberattaque.org)
  2. [2] Chimeraz revendique des fuites visant trois partis français, dont celui du groupe présidentiel (ZATAZ)
  3. [3] Après le Parti communiste, les partis LFI et Renaissance sont-ils aussi victimes d'une fuite de données ? (franceinfo)
  4. [4] Un pirate affirme avoir récupéré des données de trois partis politiques (Next)
  5. [5] Après le PCF et LFI, le parti d'Emmanuel Macron visé par le même pirate, qui revendique 4,1 millions de données (Capital, republié par Yahoo Finance)
  6. [6] Cyberattaques en série contre les partis politiques : un week-end sous haute tension (Génération NT)

Le samedi 24 octobre 2026, le pseudonyme ChimeraZ a publié la revendication d’une fuite visant Renaissance, le parti du groupe présidentiel, relevée le soir même par Cyberattaque.org et ZATAZ. Le fichier principal, intitulé « 4.1M_porte_a_porte_avec_adresses », compterait 4 157 404 lignes pour environ 373 906 adresses, et s’accompagnerait de deux fichiers plus petits, l’un de 10 365 événements militants, l’autre de 1 547 profils présentés par le pirate comme des « employees ». Le chiffre de 4,1 millions est celui du corps des articles : l’adresse de l’article de Cyberattaque.org, qui écrit « 41 millions », a perdu sa virgule décimale. Les volumes de lignes et d’adresses sont ceux du vendeur, rapportés par ZATAZ et Cyberattaque.org, et tous les décomptes de fichiers cités ci-dessous (événements, profils, identifiants communs) proviennent de l’analyse de Cyberattaque.org, seule source à les avoir examinés. ChimeraZ avait revendiqué le même jour des données de La France insoumise (voir la fiche La France insoumise) et du Parti communiste français (voir la fiche Parti communiste français) ; un même pseudonyme n’établit aucun lien technique entre ces incidents, dont les circonstances et les réactions des organisations diffèrent. Le Rassemblement national a fait l’objet d’une revendication distincte le 31 octobre (voir la fiche Rassemblement national).

Les volumes annoncés comptent des lignes et ne désignent pas des personnes. Cyberattaque.org ne disposait pas du fichier de porte-à-porte en entier, de sorte que les 4 157 404 lignes n’ont pas été vérifiées indépendamment ; dans l’extrait examiné, chaque ligne décrit une adresse ou un bâtiment avec un champ « voters_count », ce qui laisse penser que le chiffre de 9 617 987 électeurs annoncé par le pirate est une somme de compteurs par lieu, dont les doublons éventuels n’ont pas pu être contrôlés. Les deux autres fichiers ont été examinés intégralement : les 1 547 profils se répartissent entre 1 034 organisateurs d’événements et 513 auteurs d’actions, avec des noms qui reviennent plusieurs fois, ce qui ne permet de conclure ni à 1 547 salariés ni à 1 547 personnes distinctes. Aucun chiffre de personnes concernées n’est donc retenu ici. La distinction entre les populations compte pour l’évaluation du risque : les adresses et compteurs concernent des foyers démarchés, dont les occupants n’ont pas nécessairement de lien avec le parti (la CNIL admet que les partis exploitent certaines données issues des listes électorales pour leur porte-à-porte, selon Cyberattaque.org), alors que les fiches d’organisateurs concernent des militants ou des responsables identifiés par leur nom et leur fonction.

Cette différence détermine la sensibilité des données au regard de l’article 9 du RGPD, qui protège les informations révélant des opinions politiques. Un électeur dont l’adresse figure dans un outil de porte-à-porte et qui n’a jamais adhéré est exposé comme occupant d’un logement ciblé, sans que son opinion soit connue ; l’opinion n’est révélée, ou supposée, que si le fichier consigne le résultat d’un échange, ce que l’extrait examiné ne montre pas puisque ses compteurs sont à zéro. En revanche, un organisateur nommé, avec sa fonction (responsable local, délégué, référent municipal), sa structure de rattachement, sa zone géographique et parfois sa photo, est identifié comme engagé auprès d’un parti, ce qui constitue une donnée sensible, et le recoupement des profils avec les événements (952 identifiants communs) permet de reconstituer une partie du réseau militant. Sur les 10 365 événements, 3 475 portent une visibilité autre que publique, mais Cyberattaque.org rappelle que cette étiquette technique ne prouve pas que l’accès était effectivement restreint, et 351 d’entre eux comportent un lien de visioconférence dont l’usage possible n’a pas été vérifié. Les risques concrets décrits sont l’hameçonnage ciblé visant des organisateurs, l’usurpation d’un interlocuteur du parti et le harcèlement ; la gravité est retenue à « élevée », car l’exposition d’opinions politiques à grande échelle n’est pas établie dans les fichiers examinés, et elle serait à relever si le fichier complet révélait des opinions individuelles.

Renaissance dément toute intrusion. Le dimanche 25 octobre, le parti a déclaré, selon Capital et Next qui citent Le Parisien (article non consulté), que ses vérifications ne montraient « aucune intrusion » dans ses systèmes ni dans sa base de données et qu’« aucune donnée personnelle n’a été divulguée », ajoutant que les éléments cités sont publics, accessibles via l’Insee ou sa plateforme militante, et qu’ils semblent avoir été collectés par extraction automatisée. Selon franceinfo, la même réponse a été donnée à l’Agence Radio France le lundi 26 octobre ; ces relais reposent sur une seule déclaration du parti et comptent pour une seule source. La fiche reste donc à l’état « alléguée » : le parti conteste l’intrusion et la divulgation, et aucune source consultée ne tranche entre une extraction de pages publiques et un accès à des données non publiques. Cyberattaque.org, dont l’article ne mentionne pas ce démenti, signale que 3 475 événements portent une visibilité non publique, sans que cela prouve une restriction d’accès effective. Aucune plainte de Renaissance ni saisine de la CNIL n’a été trouvée dans les sources consultées (dernières vérifications le 4 novembre 2026), qui ne citent pas non plus d’information individuelle des personnes ; à la différence du PCF, qui a confirmé une intrusion et annoncé une plainte, le parti présidentiel n’a communiqué aucune démarche de ce type.

Les personnes dont les noms auraient pu figurer dans ces fichiers, organisateurs et responsables locaux en particulier, peuvent se montrer prudentes face aux messages se présentant comme émanant du parti, de leur comité local ou d’une équipe de campagne, et vérifier toute invitation à une réunion ou à une visioconférence par un canal connu. Les liens et pièces jointes reçus par courriel ou SMS à ce sujet méritent la même méfiance, les courriels suspects pouvant être signalés à Signal Spam, les SMS et appels frauduleux au 33700, et cybermalveillance.gouv.fr propose une assistance en cas de fraude avérée. Les habitants d’une adresse démarchée n’ont pas de démarche particulière à effectuer en l’état des informations disponibles.

Autres fiches : Autre

Tout le registre
  1. Rassemblement national Autre non chiffré alléguée
  2. Alliance Police Nationale Autre non chiffré confirmée
  3. La France insoumise Autre non chiffré alléguée