Fiche · Santé
Pharmacie des Congrès (Dijon) : 23 000 patients revendiqués, un échantillon de 1 000 fiches avec numéros de Sécurité sociale et enfants
Le 31 octobre 2026, un pirate met en vente la base de la Pharmacie des Congrès (Dijon) : 23 000 patients revendiqués, officine sans confirmation, plainte signalée.
- Révélée
- Révision
- Originale
- Sources
- 5
- Volume
- Non chiffré
- Données
- 7 catégories
- Pays
- France
- Organisation
- Pharmacie des Congrès (officine exploitée par la SNC Mariani, Dijon)
- Chronologie
- Le samedi 31 octobre 2026 à 14 h 09, une annonce de vente sur un forum cybercriminel attribue à la Pharmacie des Congrès la base de données de l'officine, quatre sauvegardes, des ordonnances et des documents d'assurance. La revendication est relevée le jour même par Cyberattaque.org et Fuites Infos (mis à jour le 2 novembre), puis relayée par L'Express, Egora et Pharma365 (2 et 3 novembre). L'Express et Pharma365 rapportent, de seconde main (propos d'un membre de l'équipe cités par Le Moniteur des pharmacies selon L'Express), que le titulaire s'est rendu au commissariat pour déposer plainte. Fuites Infos note que la photo de façade jointe à l'annonce pointe plutôt vers une pharmacie homonyme de Nantes. La date de l'intrusion n'est pas précisée et aucune déclaration à la CNIL n'est rapportée
- Ampleur
- Aucun nombre de personnes n'est communiqué par l'officine. L'annonce revendique environ 23 000 personnes (assurés et ayants droit) sans que le volume complet ait été vu : seul un échantillon de 1 000 fiches a été analysé, qui représente environ 940 bénéficiaires distincts selon Fuites Infos, et ni les quatre sauvegardes ni les ordonnances annoncées n'ont été vérifiées. Les 23 000 personnes pourraient aussi compter des doublons, d'où l'absence de chiffre retenu
- Vecteur
- Non établi. Le pirate dit avoir eu accès à l'infrastructure informatique de l'officine, sans en donner la méthode. Le président de l'USPO avance l'hypothèse d'une faille chez des opérateurs de tiers payant externes, et un responsable de la FSPF a d'abord envisagé celle d'un logiciel de pharmacie, deux pistes que rien ne confirme à ce stade. Aucun logiciel de gestion d'officine ni prestataire commun aux autres officines visées n'est identifié
- Données exposées
-
- Noms, prénoms et dates de naissance (dans l'échantillon, 259 fiches de personnes de moins de 18 ans selon Cyberattaque.org)
- Numéro de Sécurité sociale de l'assuré (941 champs renseignés sur 1 000 fiches selon Cyberattaque.org)
- Caisse d'assurance maladie, mutuelle et complémentaire santé, régimes de remboursement et dates de fin de droits
- Rattachement des ayants droit (conjoint, enfants, ascendants), qui reconstitue la composition du foyer
- Mentions de la Complémentaire santé solidaire (355 fiches) et de l'Aide médicale de l'État (18 fiches) selon Cyberattaque.org
- Deux ordonnances nominatives de septembre 2026 jointes à l'annonce (Fuites Infos) ; ordonnances, documents d'assurance et éléments d'outils professionnels (AmeliPro, ATSAM, ASIP) annoncés par le pirate, non vérifiés
- Ni adresses, ni téléphones, ni courriels, ni médicaments délivrés dans l'échantillon (Fuites Infos)
Sources · 5
- [1] Pharmacie des Congrès à Dijon : 23 000 dossiers de patients en fuite (Cyberattaque.org)
- [2] Pharmacie des Congrès : fuite revendiquée visant environ 23 000 personnes (Fuites Infos)
- [3] Cyberattaques : trois pharmacies ciblées en 48 heures, des centaines d'officines françaises dans le viseur des pirates (L'Express, via Orange Actualités)
- [4] Piratage de trois pharmacies : les données de plus de 436 000 patients potentiellement dérobées (Egora)
- [5] Cyberattaque en pharmacie : 436 000 dossiers patients revendiqués (Pharma365)
Le samedi 31 octobre 2026 à 14 h 09, une annonce publiée sur un forum cybercriminel a proposé à la vente la base de données de la Pharmacie des Congrès, une officine de l’avenue Raymond-Poincaré à Dijon, avec quatre sauvegardes, des ordonnances et des documents d’assurance maladie. Cyberattaque.org attribue l’annonce à un acteur de pseudonyme « necrozma », dont c’est la première publication connue sur la plateforme, alors que Fuites Infos ne mentionne aucun pseudonyme ; ce même acteur est donné par L’Express et Egora (qui relaient FrenchBreaches) et par Cyberattaque.org dans son article sur Bailly comme l’auteur de la revendication visant la Grande Pharmacie Bailly à Paris le lendemain, tandis que Fuites Infos relève que la revendication visant la Pharmacie de la Cigogne à Strasbourg, publiée le même jour sous un autre pseudonyme, renvoie au même contact de vente. Les sources consultées ne présentent ces rapprochements que comme des indices, sans preuve d’une compromission commune.
L’ampleur reste à établir. L’annonce revendique environ 23 000 personnes, assurés et ayants droit, mais seul un échantillon de 1 000 fiches a été publié et analysé : Cyberattaque.org y relève 941 champs de numéro de Sécurité sociale pour 661 valeurs distinctes (les ayants droit partagent celui de l’assuré), 945 dates de naissance et 259 fiches de personnes de moins de 18 ans, soit 237 combinaisons distinctes de nom et de date de naissance, tandis que Fuites Infos dénombre environ 940 bénéficiaires distincts. Le volume complet, les quatre sauvegardes et les ordonnances n’ont pas été vérifiés, et l’échantillon ne prouve pas à lui seul le vol de la base.
Les fiches décrivent la gestion administrative des patients : identité, numéro de Sécurité sociale, caisse (surtout la CPAM de Dijon), mutuelle, dates de fin de droits et rattachement des ayants droit, classés comme assuré, enfant, conjoint ou ascendant. Cyberattaque.org y relève 355 mentions de la Complémentaire santé solidaire et 18 de l’Aide médicale de l’État, qui renseignent sur la situation sociale des personnes. Aucun diagnostic ni médicament n’apparaît dans l’échantillon, mais le pirate joint deux ordonnances nominatives de septembre 2026 et dit détenir des éléments liés à AmeliPro, ATSAM et ASIP : Cyberattaque.org précise que rien n’établit que les plateformes nationales aient été touchées, ces éléments pouvant provenir de l’environnement local de l’officine. Ces données facilitent des messages frauduleux crédibles se réclamant de l’Assurance maladie ou d’une mutuelle, ainsi que des tentatives d’usurpation d’identité visant des familles entières.
L’officine n’a pas publié de communiqué. Selon L’Express et Pharma365, un membre de l’équipe a indiqué que le titulaire s’était rendu au commissariat pour déposer plainte : cette information, de seconde main et qui ne figure pas chez Egora, Cyberattaque.org ni Fuites Infos, ne reconnaît pas la réalité des faits revendiqués, d’où le statut alléguée. Fuites Infos note par ailleurs que la photo de façade jointe à l’annonce évoque plutôt une pharmacie homonyme de Nantes, ce qui rend l’attribution à l’officine dijonnaise moins assurée. Aucune réaction de l’Ordre, d’une ARS ou de la CNIL n’a été trouvée. Le syndicat FSPF a appelé à la vigilance et les deux syndicats FSPF et USPO ont avancé des hypothèses sur l’origine, et la presse rappelle qu’une violation présentant un risque doit être notifiée à la CNIL sous 72 heures, sans qu’aucune notification ne soit rapportée.
Les patients de l’officine peuvent se méfier des messages, SMS et appels se réclamant de l’Assurance maladie, d’une mutuelle ou de la pharmacie à propos de leur carte Vitale, de remboursements ou de droits à mettre à jour, et vérifier toute demande en passant par leur compte ameli ou leur espace adhérent. Les parents peuvent prévenir leurs enfants de ne pas répondre aux messages inattendus. Les courriels suspects se signalent à Signal Spam, les SMS et appels frauduleux au 33700, et cybermalveillance.gouv.fr propose une assistance gratuite.