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Fiche · Santé

MaQuestionMedicale : mises en vente revendiquées de messages de téléconsultation (environ 369 000 lignes) et de fichiers de comptes patients avec numéro de Sécurité sociale

Révélée le 13 octobre 2026, la revendication de messages de téléconsultation et de fiches patients avec NIR de MaQuestionMedicale n'est pas confirmée par le service.

Gravité critique alléguée
Révélée
Révision
Originale
Sources
5
Volume
Non chiffré
Données
6 catégories
Pays
France
Organisation
MaQuestionMedicale (service de téléconsultation et d'échanges écrits entre patients et professionnels de santé, société par actions simplifiée, Lyon)
Chronologie
Mise en vente revendiquée sur un forum cybercriminel, révélée publiquement le 13 octobre 2026 par Cyberattaque.org (6 h 28, fichier de messages), FrenchBreaches (14 h 25 pour son article de fond, messages puis trois fichiers de comptes, de liaisons avec des pharmacies et d'officines, présentés comme des éléments supplémentaires qui lui ont été transmis) puis Fuites Infos (18 h 46, annonce de ces trois fichiers seuls). Aucune source n'établit si messages et fichiers relèvent d'une même annonce. Le vendeur, qui se présente sous le pseudonyme « Feel » selon Cyberattaque.org et FrenchBreaches, n'est pas nommé par Fuites Infos. La période de 2019 à 2026 pour les messages n'est avancée que par FrenchBreaches (l'échantillon de Cyberattaque.org ne porte que sur 2019 et 2020). La date de l'intrusion n'est pas connue : l'horodatage du 13 octobre relevé par FrenchBreaches sur un champ de collecte ne l'établit pas. Au 14 octobre 2026, aucune réaction de MaQuestionMedicale n'a été retrouvée (ni avis sur son site ni déclaration dans la presse), et aucune notification aux patients ni déclaration à la CNIL n'est documentée
Ampleur
Aucun nombre de personnes n'est retenu : les volumes avancés sont des revendications du vendeur, exprimées en lignes ou en fiches (369 899 lignes de messages selon Cyberattaque.org et environ 369 000 selon FrenchBreaches, 95 900 fiches patients, environ 81 400 enregistrements reliant patients et pharmacies, 279 fiches d'officines), non additifs, et plusieurs messages peuvent concerner la même personne. MaQuestionMedicale n'a rien confirmé
Vecteur
Non établi. Selon Cyberattaque.org, le vendeur dit avoir collecté les messages « directement depuis l'accès d'un patient », ce que le média rapproche d'une faille de contrôle d'accès de type IDOR ou BOLA, sans confirmation (le terme est propre à ce média). FrenchBreaches rapporte une hypothèse voisine (compte patient compromis puis défaut de contrôle d'accès exposant les conversations d'autres patients), également non confirmée techniquement, et écrit qu'il pourrait s'agir d'un mécanisme commun ou de « plusieurs accès distincts » pour les autres fichiers. Fuites Infos ne décrit aucun mécanisme. Aucun prestataire ni hébergeur n'est cité, et aucun rattachement à une campagne connue (Metabase CVE-2026-72898, Shipup, Brevo, Alaxione, prestataire mutualisé) n'est établi
Données exposées
  • Messages de téléconsultation échangés entre patients et professionnels de santé : symptômes, traitements, prescriptions et résultats d'examens retrouvés dans l'échantillon de 1 000 lignes de Cyberattaque.org (plus de 200 lignes mentionnent une ordonnance), certificats et imagerie évoqués par ce seul média, revendiqués
  • Indicateurs et références de pièces jointes aux messages (278 lignes sur 1 000 dans l'échantillon de Cyberattaque.org, seule source), contenu des fichiers non vérifié
  • Fiches patients (95 900 revendiquées) : identifiant interne, nom, prénom, adresse électronique, téléphone et numéro de Sécurité sociale (NIR) dans l'échantillon de 1 000 comptes examiné par Fuites Infos, avec date de naissance et adresse postale sur une fiche présentée (Fuites Infos seul)
  • Enregistrements reliant patients et pharmacies (environ 81 400 revendiqués) : champs d'identité et de NIR du patient, médecin avec identifiants ADELI et RPPS, pharmacie, références de documents (champs nommés par FrenchBreaches seul ; Fuites Infos cite aussi des identifiants RPPS)
  • Champs prévus pour le nom et le NIR d'un enfant dans le fichier de liaison avec les pharmacies, sans confirmation qu'ils soient renseignés (FrenchBreaches ; Fuites Infos évoque des champs relatifs à des enfants, non vérifiés)
  • Fiches d'officines (279 revendiquées) : nom, identifiants ADELI (FrenchBreaches seul) et SIRET, coordonnées, champ de coordonnées bancaires dont le contenu n'est pas confirmé (Fuites Infos cite des IBAN d'officines)
  • Aucun mot de passe ni IBAN de patient dans l'échantillon et les captures examinés par Fuites Infos (observation du média, non confirmée par le service)

Sources · 5

  1. [1] MaQuestionMedicale : 369 899 échanges de téléconsultation mis en vente sur le darkweb (Cyberattaque.org)
  2. [2] MaQuestionMedicale : fuite de données revendiquée visant 95 900 fiches patients (Fuites Infos)
  3. [3] MaQuestionMedicale piraté : 369 000 messages et 96 000 fiches patients (FrenchBreaches)
  4. [4] Noms, numéros de Sécu, conversations médicales… Ce que révèle le piratage de MaQuestionMedicale (Blog FrenchBreaches)
  5. [5] Politique de protection des données personnelles, version du 22 mars 2023 (MaQuestionMedicale)

Le 13 octobre 2026, trois médias spécialisés ont rapporté la mise en vente, sur un forum cybercriminel, de données attribuées à MaQuestionMedicale, un service de téléconsultation édité par une société lyonnaise, qui met en relation des patients et des professionnels de santé par échanges écrits et que Fuites Infos décrit comme utilisé aussi depuis des pharmacies. Cyberattaque.org, le premier à publier, décrit un fichier de 369 899 lignes de messages proposé par un vendeur se présentant sous le pseudonyme « Feel », et indique n’avoir eu accès qu’à un échantillon de 1 000 lignes. FrenchBreaches, dans l’après-midi, rapporte environ 369 000 messages échangés entre 2019 et 2026 et y ajoute trois fichiers de comptes patients, de liaisons avec des pharmacies et d’officines, présentés comme des éléments supplémentaires qui lui ont été transmis. Fuites Infos, en soirée, décrit pour sa part une annonce de ces trois fichiers seuls, sans reprendre le fichier de messages et sans nommer le vendeur ; aucun prix n’est affiché et le vendeur invite les acheteurs à faire une offre.

Ces volumes sont à manier avec prudence, car ils décrivent des revendications et qu’aucun n’a été vérifié de façon indépendante. Les trois médias ne se citent pas entre eux et chacun s’appuie sur ses propres extraits (1 000 lignes de messages pour Cyberattaque.org, 1 000 comptes pour Fuites Infos, des captures de taille non précisée pour FrenchBreaches), mais aucun ne peut attester l’authenticité des fichiers, et chaque ensemble de revendications n’est recoupé que par deux médias : les messages par Cyberattaque.org et FrenchBreaches, les fichiers de comptes, de liaisons et d’officines par Fuites Infos et FrenchBreaches. Les 369 899 lignes de Cyberattaque.org (environ 369 000 selon FrenchBreaches), dont la structure correspond à des messages ou à des objets liés aux téléconsultations, ne représentent pas autant de patients, pas plus que les 95 900 fiches patients et les quelque 81 400 enregistrements reliant patients et pharmacies cités par Fuites Infos et FrenchBreaches, qui ne s’additionnent pas en personnes (FrenchBreaches totalise environ 546 600 enregistrements et précise lui-même que ce total n’est pas un nombre de victimes). Les médias n’établissent pas non plus que les messages et les fichiers de comptes relèvent d’une même annonce ni d’une même faille : pour FrenchBreaches, la revendication initiale portait sur les messages et les trois autres fichiers sont des éléments supplémentaires, sans précision sur leur publication conjointe, avec un mécanisme d’extraction qui pourrait être commun ou relever de « plusieurs accès distincts », tandis que Fuites Infos ne décrit que les fichiers de comptes ; ces revendications sont donc présentées séparément ici. L’échantillon de Cyberattaque.org, seule source de ces chiffres à ce stade, comprend 553 messages attribués à des médecins et 447 à des patients, dont 278 avec une pièce jointe et plus de 200 mentionnant une ordonnance, mais 989 lignes datent de 2019 et 11 de 2020 : il ne permet donc pas de vérifier les années suivantes, jusqu’à 2026, que FrenchBreaches rapporte comme revendiquées. Le même média n’a téléchargé aucune pièce jointe et ne peut dire combien sont réellement accessibles.

Si ces fichiers sont authentiques, l’exposition est sérieuse à plusieurs titres. Des messages de téléconsultation relèvent du secret médical, et Cyberattaque.org dit avoir retrouvé dans son échantillon des messages sur des symptômes, des traitements, des prescriptions et des résultats d’examens, sans que les médias en reproduisent le contenu. Le numéro de Sécurité sociale, présent dans l’échantillon de 1 000 comptes examiné par Fuites Infos avec le nom, l’adresse électronique et le téléphone, et dont la plupart des numéros ont selon ce seul média un format valide, ne se change pas : combiné à une ordonnance ou à une consultation réelle, il permet de bâtir de faux messages de l’Assurance Maladie, d’une mutuelle, d’un médecin ou d’une pharmacie, d’autant plus crédibles qu’ils citent des détails exacts. Des numéros correspondant à des naissances récentes dans cet échantillon laissent penser, selon Fuites Infos, que des mineurs figurent dans les données ; FrenchBreaches signale en outre des champs prévus pour le nom et le NIR d’un enfant dans le fichier de liaison avec les pharmacies, et Fuites Infos évoque des champs relatifs à des enfants dans un fichier non publié, mais aucun des deux ne confirme qu’ils soient renseignés, de sorte que le risque ne s’étendrait aux familles que si cela se vérifiait. Les fiches d’officines contiendraient, selon FrenchBreaches, des identifiants professionnels (ADELI, SIRET) et un champ de coordonnées bancaires dont le contenu n’est pas confirmé, le fichier de liaison portant en outre les identifiants ADELI et RPPS de médecins ; Fuites Infos cite de son côté des SIRET et des IBAN d’officines. Ces données exposeraient pharmacies et praticiens à la sollicitation ciblée et, si les coordonnées bancaires sont valides, à la fraude au changement de RIB.

Au 14 octobre 2026, aucune réaction de MaQuestionMedicale n’a été retrouvée : Cyberattaque.org et Fuites Infos indiquaient qu’elle n’avait pas confirmé publiquement l’incident, FrenchBreaches ne relève aucune réaction, aucun avis d’incident ne figure sur la page d’accueil du service et aucun communiqué de l’éditeur n’a été repéré dans la presse ; aucun des trois médias ne documente de notification aux patients ni de déclaration à la CNIL (FrenchBreaches rappelle seulement le délai de 72 heures prévu par le RGPD). Les sources consultées ne désignent aucun hébergeur : la politique de protection des données de l’éditeur (version du 22 mars 2023, accessible publiquement), qui décrit les données comme stockées « sur nos serveurs », n’en nomme pas non plus, de sorte que l’on ne sait pas si les données de santé sont hébergées chez un hébergeur certifié HDS ni dans quelles conditions elles étaient conservées. Le statut reste donc « alléguée » : l’authenticité des fichiers, leur étendue, la période de l’intrusion et le mécanisme d’accès restent à établir, FrenchBreaches jugeant la revendication crédible sans pouvoir la confirmer.

Les personnes ayant utilisé le service, directement ou en pharmacie, peuvent demander à MaQuestionMedicale, par l’adresse de contact de sa politique de protection des données, si leur compte est concerné, et saisir la CNIL si la réponse est insuffisante. En attendant, la prudence consiste à se méfier de tout message, appel ou SMS se réclamant de l’Assurance Maladie, d’une mutuelle, d’un médecin ou d’une pharmacie, à ne jamais communiquer de numéro de Sécurité sociale, de code ni de coordonnées bancaires à un interlocuteur non sollicité, et à vérifier ses relevés pour contester sans attendre un prélèvement non autorisé (le délai est de 13 mois). Les courriels frauduleux se signalent à Signal Spam, les SMS et appels suspects au 33700, et cybermalveillance.gouv.fr propose une assistance gratuite en cas d’usurpation d’identité ; les parents veilleront aussi aux messages inattendus adressés à leurs enfants, et les pharmacies et professionnels de santé contrôleront par un canal indépendant toute demande de modification de coordonnées bancaires.

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