Fiche · Secteur public
Caisse des Dépôts (PEP's) : accès illégitimes à des comptes d'employeurs publics par ingénierie sociale, extraction de données non établie
Fermée le 13 octobre 2026, la plateforme PEP's a subi des accès illégitimes à des comptes d'employeurs, reconnus par la Caisse des Dépôts ; extraction non établie.
- Révélée
- Révision
- Originale
- Sources
- 5
- Volume
- Non chiffré
- Données
- 4 catégories
- Pays
- France
- Organisation
- Caisse des Dépôts (établissement public, gestionnaire de la plateforme PEP's pour la CNRACL, l'Ircantec et d'autres régimes de retraite publics, Paris)
- Chronologie
- Le 13 octobre 2026, l'Ircantec et la CNRACL annoncent que PEP's est « temporairement fermée pour des raisons de sécurité » (Cyberattaque.org). Vers le 16 octobre, la Caisse des Dépôts attribue la fermeture à « un accès illégitime aux comptes PEP's de quelques employeurs » rendu possible par ingénierie sociale (Cyberattaque.org). Le 19 octobre, la plateforme rouvre partiellement, avec des fonctions maintenues coupées, et l'Ircantec en informe ses partenaires (Bourse Inside). Les dates de l'intrusion, sa durée et celle de l'information de la CNIL ne sont pas connues. Le 22 octobre, une base présentée comme celle de l'Ircantec est proposée à la vente sur un forum, sans lien établi avec PEP's
- Ampleur
- Aucun nombre de personnes n'est établi : la Caisse des Dépôts parle seulement de « quelques employeurs » sans chiffrer les comptes touchés, les agents concernés ni les données consultées, et ne confirme aucune extraction. Les 63 000 employeurs inscrits sur PEP's et les 450 000 affiliés de la base mise en vente le 22 octobre ne mesurent pas la population exposée : le premier chiffre décrit l'ensemble de la plateforme, le second une revendication dont le lien avec cet incident n'est pas établi
- Vecteur
- Ingénierie sociale selon la Caisse des Dépôts, sans autre précision : la méthode, le nombre de comptes et la durée des accès ne sont pas communiqués. Cyberattaque.org relève que PEP's impose depuis juillet 2025 un code à usage unique par SMS ou message vocal, sans que l'on sache comment il a été franchi (faux support, hameçonnage, récupération du code, manipulation d'un administrateur : aucune piste n'est confirmée). Aucune source consultée ne rattache cet incident à celui de la DGFiP ni à une campagne connue (Metabase CVE-2026-72898, Shipup, Brevo, Alaxione, prestataire mutualisé)
- Données exposées
-
- Données accessibles depuis un compte employeur selon ses droits (selon la documentation de PEP's citée par Cyberattaque.org) : cotisations, déclarations individuelles, carrières, comptes individuels retraite, simulations et demandes de pension
- Données individuelles d'agents pouvant figurer dans ces services : état civil, NIR dans certaines corrections de déclarations, âge, genre, statut, taux d'activité, catégorie d'emploi et rémunération
- Pièces justificatives et messagerie sécurisée avec les gestionnaires des régimes
- Ce qui a réellement été consulté ou copié n'est pas communiqué par la Caisse des Dépôts, qui ne confirme aucune exfiltration
Sources · 5
- [1] Caisse des Dépôts : des comptes PEP's d'employeurs publics compromis (Cyberattaque.org)
- [2] Ircantec : les données de plus de 450 000 affiliés revendiquées après une cyberattaque (Cyberattaque.org)
- [3] Retraite Ircantec : 500 000 affiliés visés par une fuite de données, le vrai danger n'est pas celui que vous croyez (Bourse Inside)
- [4] Ircantec : fuite de données revendiquée portant sur plus de 450 000 personnes (Fuites Infos)
- [5] Caisse des dépôts : des pirates ont accédé aux données de 70 000 personnes (Solutions Numériques, 13 février 2025)
Le 13 octobre 2026, l’Ircantec et la CNRACL ont annoncé que PEP’s, la plateforme par laquelle les employeurs publics gèrent leurs obligations envers les régimes de retraite, était « temporairement fermée pour des raisons de sécurité ». Selon Cyberattaque.org, la Caisse des Dépôts a précisé trois jours plus tard la cause de cette fermeture : « un accès illégitime aux comptes PEP’s de quelques employeurs », rendu possible par ingénierie sociale. La plateforme a rouvert partiellement le 19 octobre, date à laquelle l’Ircantec, d’après Bourse Inside, a informé ses partenaires de l’incident, mais la connexion par les identifiants Net-entreprises, les nouvelles inscriptions, la récupération d’un identifiant oublié et les déclarations de cotisations et individuelles de l’Ircantec sont restées suspendues. Le communiqué d’origine de la Caisse des Dépôts n’a pas pu être consulté : ces éléments reposent sur Cyberattaque.org, qui cite les annonces officielles, et sur Bourse Inside, qui reprend la même formule dans l’information des partenaires de l’Ircantec.
Aucun périmètre n’est publié : la Caisse des Dépôts ne dit ni combien de comptes d’employeurs ont été touchés, ni lesquels, ni pendant combien de temps les accès ont duré, et elle ne confirme aucune exfiltration. Environ 63 000 employeurs publics (collectivités, établissements de santé, services de l’État) utilisent PEP’s, qui a enregistré 1,456 million de connexions au premier semestre 2026, mais ce chiffre mesure l’usage de la plateforme entière, sans renseigner sur les comptes compromis. Aucun nombre de personnes concernées n’est donc retenu. Le statut « confirmée » porte sur les accès illégitimes que la Caisse des Dépôts a reconnus ; une fuite de données avérée n’est pas établie à ce stade.
La nature des données exposées dépend des droits de chaque compte employeur. D’après la documentation de PEP’s citée par Cyberattaque.org, la plateforme permet de consulter ou de modifier les cotisations, les déclarations individuelles, les carrières, les comptes individuels retraite et les demandes de pension, et certains services exploitent l’état civil, la rémunération et, lors de la correction d’anomalies de déclaration, le NIR des agents. Cela indique ce qu’un compte employeur compromis pouvait atteindre, sans montrer que ces informations ont été lues ou copiées. Si elles l’avaient été, elles permettraient des hameçonnages crédibles se faisant passer pour un régime de retraite, et les employeurs eux-mêmes sont exposés à des usurpations, la Caisse des Dépôts ayant alerté sur des appels et des messages inhabituels. La gravité est retenue à « modérée », faute de toute extraction établie, et serait à relever en cas de confirmation d’une exfiltration de NIR ou de données d’agents.
Un précédent existe : en février 2025, la presse a rapporté qu’un attaquant, muni d’identifiants d’employeurs publics, avait consulté les données d’environ 70 000 affiliés de l’Ircantec, ce que la Caisse des Dépôts avait notifié à la CNIL (Solutions Numériques). Cette source ne cite pas PEP’s, et aucune source consultée ne rattache l’incident de 2026 à celui de 2025.
Le 22 octobre 2026, un revendeur, présenté par Cyberattaque.org sous le pseudonyme « fentag », a proposé à la vente une base présentée comme celle de l’Ircantec, qui contiendrait plus de 450 000 personnes (noms, coordonnées, dates de naissance dans l’échantillon examiné par Fuites Infos). Cyberattaque.org et Fuites Infos n’ont pas pu vérifier le volume, et ni l’une ni l’autre ne relie cette base aux comptes PEP’s : selon Bourse Inside, la Caisse des Dépôts indique que ses analyses « ne démontrent aucune corrélation » avec les données des affiliés, si bien que cette revendication reste sans lien établi avec PEP’s. La Caisse des Dépôts rappelle qu’aucun de ses collaborateurs ne demande identifiants, mots de passe, codes de sécurité ou coordonnées bancaires. Il est préférable de ne valider aucun lien reçu par courriel sans avoir lancé soi-même la démarche, de rappeler son interlocuteur par un numéro officiel, de signaler les courriels suspects à Signal Spam et les SMS et appels frauduleux au 33700, cybermalveillance.gouv.fr offrant une assistance en cas de fraude avérée.